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Grève des enseignants : les salaires seront ponctionnés

Samedi 5 Avril 2025

L'Inspecteur général de l'enseignement Adama Coulibaly confirme que les salaires des enseignants grévistes seront ponctionnés suite au mouvement débuté le 3 avril 2025.


Grève des enseignants : les salaires seront ponctionnés © Crédit photo DR
Grève des enseignants : les salaires seront ponctionnés © Crédit photo DR
Les enseignants grévistes verront leurs salaires ponctionnés, a annoncé Adama Coulibaly, Inspecteur général de l'enseignement. Cette décision intervient au lendemain du lancement de la grève débutée le jeudi 3 avril 2025 et prévue jusqu'au lundi 7 avril. Le représentant du ministère de l'Éducation nationale a exposé cette mesure lors d'une intervention sur les antennes de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI).

Cette annonce s'inscrit dans le contexte d'un bras de fer entre les autorités éducatives et les syndicats d'enseignants qui réclament l'instauration d'une prime d'incitation. Le mouvement social intervient en plein déroulement des épreuves physiques du BEPC 2025, soulevant des inquiétudes quant à son impact sur le calendrier scolaire.

Justification des ponctions

L'Inspecteur général a été catégorique concernant les conséquences financières pour les grévistes. « Des sanctions seront prises notamment les ponctions parce que celui qui ne va pas au travail ne peut pas être payé », a déclaré Adama Coulibaly. Cette position reflète l'application du principe "pas de travail, pas de salaire" régulièrement invoqué par les autorités lors des mouvements sociaux.

Le ministère justifie également cette mesure par la période sensible durant laquelle intervient la grève. « Cette grève se fait dans un moment où on organise le PASEC et les examens à grand tirage », a souligné l'Inspecteur, évoquant le Programme d'Analyse des Systèmes Éducatifs de la CONFEMEN et les évaluations nationales en cours.

Adama Coulibaly a par ailleurs dénoncé des comportements qu'il juge inappropriés de la part des grévistes : « Les enseignants grévistes font croire aux enfants qu'il n'y a plus cours et ils menacent les collègues qui ne se reconnaissent pas en cette grève ». Ces accusations de pressions sur les non-grévistes ajoutent une dimension supplémentaire au conflit.

Divergences sur l'ampleur du mouvement

Le représentant du ministère minimise l'impact de la grève, affirmant que « 80% des enseignants ont travaillé sur l'étendue du territoire ». Cette évaluation contraste fortement avec les déclarations des syndicats qui se félicitent d'un suivi massif de leur mot d'ordre.

Cette guerre des chiffres révèle les positions antagonistes des deux parties. Les organisations syndicales, dont le Mouvement des Enseignants pour la Dynamique de la Dignité (MEDD), contestent l'évaluation ministérielle et maintiennent que la mobilisation est forte dans les établissements scolaires du pays.

Le ministère rejette également les informations faisant état de la fermeture de 150 écoles pour cause de grève, les qualifiant de "fake news". Cette divergence d'appréciation de la situation sur le terrain complique la perspective d'un dialogue constructif entre les parties.

L'annonce des ponctions sur salaires survient dans un contexte déjà tendu par l'arrestation d'Assy Duggary Ghislain, chargé de communication du MEDD, placé sous mandat de dépôt vendredi 4 avril. Cette situation, dénoncée par l'Intersyndicale du Secteur de l'Éducation et de la Formation (IS-MENA), pourrait contribuer à durcir les positions.

Les jours à venir détermineront si cette menace de sanctions financières dissuadera les enseignants de poursuivre leur mouvement jusqu'à la date prévue du 7 avril, ou si elle renforcera au contraire leur détermination face à ce qu'ils pourraient percevoir comme une tentative d'intimidation.

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