Menu

France : La dette grimpe à 113% du PIB avec 3.305,3 milliards d'euros

Jeudi 27 Mars 2025

La France a enregistré un déficit public de 5,8% du PIB en 2024, légèrement en-dessous des 6% attendus par le gouvernement, dans un contexte de tensions budgétaires.


La France affiche un déficit public de 5,8% en 2024, soit 169,6 milliards d'euros, légèrement inférieur aux prévisions © Crédit photo DR
La France affiche un déficit public de 5,8% en 2024, soit 169,6 milliards d'euros, légèrement inférieur aux prévisions © Crédit photo DR
Le déficit public français s'établit à 5,8% du produit intérieur brut (PIB) pour l'année 2024, représentant 169,6 milliards d'euros, selon les données publiées jeudi par l'Institut national de la statistique (Insee). Ce chiffre, bien qu'inférieur aux 6% anticipés par le gouvernement, reste le plus élevé de la zone euro.

Cette légère amélioration par rapport aux prévisions intervient dans un contexte budgétaire tendu pour l'exécutif français, qui doit financer l'augmentation des dépenses militaires tout en préparant le budget 2026, qualifié de "cauchemar" par la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas. L'équipe de François Bayrou fait face à un défi considérable pour redresser les finances publiques.

Une dette en progression constante

La dette française a augmenté de 202,7 milliards d'euros au cours de l'année 2024, atteignant désormais 113% du PIB, soit 3.305,3 milliards d'euros. Ce niveau place la France au troisième rang européen, derrière la Grèce et l'Italie. Un an auparavant, ce ratio s'établissait à 109,8%.

Le ministre de l'Économie, Eric Lombard, a réagi sur France Inter en déplorant que ce n'était "pas une bonne nouvelle" car le déficit demeurait "trop élevé", posant un "risque" en termes de "souveraineté", nationale et financière. Il a attribué ce résultat à "des dépenses très bien tenues" en fin d'année et à des recettes "un peu meilleures que prévu dans les dernières semaines".

L'Insee a identifié une accélération des dépenses publiques, qui représentent désormais 57,1% du PIB en 2024. Les prestations sociales constituent 60% de cette hausse, particulièrement les retraites, en raison de leur revalorisation. Les investissements des collectivités locales ont également progressé.

Le coût de la dette s'alourdit avec la remontée des taux souverains. En 2024, les intérêts payés par la France se sont élevés à 58 milliards d'euros, en hausse de 14,6% sur un an, soit 2% du PIB selon l'Insee. Ce montant équivaut approximativement au budget annuel de la défense nationale.

Perspectives et stratégies pour 2025

Le gouvernement vise à ramener le déficit à 5,4% du PIB en 2025, puis sous la barre des 3% en 2029, conformément aux règles européennes. Maxime Darmet, économiste senior chez Allianz Trade, estime que l'objectif pour cette année est "atteignable, d'autant plus que le contexte macroéconomique s'est beaucoup dégradé", tout en soulignant que "les finances publiques françaises restent dans une situation périlleuse".

Une conférence des finances publiques est programmée autour du Premier ministre François Bayrou le 15 avril. Selon Eric Lombard, cette rencontre permettra "de partager la situation budgétaire du pays à fin mars avec toutes les parties prenantes, élus, partenaires sociaux, collectivités locales...".

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a réaffirmé son opposition à une hausse générale des impôts dans le journal l'Opinion : "Nous avons le plus haut déficit de la zone euro, le plus haut niveau de prélèvements de l'OCDE et 8 points de PIB de dépenses de plus que nos voisins européens. La réponse ne peut pas être l'augmentation mécanique des impôts!"

Ce tableau économique s'assombrit davantage avec les perspectives de croissance revues à la baisse. La Banque de France a réduit sa prévision à 0,7% pour 2025, tandis que le gouvernement maintient pour l'instant son estimation à 0,9%. Sylvain Bersinger, chef économiste chez Asterès, résume la situation : "Depuis 30 ans, dès qu'il y a un problème, on fait de la dette, on fait du déficit, on glisse le problème sous le tapis."

Tags : France

Lois et règlements | Vidéos | Actualité | Eco-Finance | Concours administratifs | Sports | Conseil des ministres | Politique | Société


Inscription à la newsletter





Flux RSS