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Exclusion politique : Serge Bilé réagit, "à quoi a servi la rébellion de 2002 ?"

Lundi 24 Mars 2025

Serge Bilé interroge les conséquences de la rébellion de 2002 en Côte d'Ivoire et critique la persistance des discours d'exclusion à l'approche présidentielle de 2025.


Serge Bilé interroge les conséquences de la rébellion de 2002 en Côte d'Ivoire © Crédit photo DR
Serge Bilé interroge les conséquences de la rébellion de 2002 en Côte d'Ivoire © Crédit photo DR
Serge Bilé pose une question qui résonne dans le paysage politique ivoirien : « À quoi a servi la rébellion en 2002 ? » Dans une publication qui circule largement sur les réseaux sociaux, l'écrivain et analyste s'interroge sur les leçons tirées des événements qui ont divisé le pays il y a vingt-trois ans. Sa réflexion intervient à sept mois de l'élection présidentielle de 2025, dans un contexte où les tensions politiques semblent se raviver.

Son constat est sévère lorsqu'il observe la résurgence de discours qu'il qualifie d'exclusion : « À quoi a servi ce carnage, si c'est pour entendre et revivre, vingt-trois ans après, les mêmes discours d'exclusion, les mêmes haines recuites, les mêmes mensonges éhontés, les mêmes invectives xénophobes entre Ivoiriens ? »

Un cycle de rivalités politiques non résolu

L'analyse de Serge Bilé retrace les antagonismes qui ont marqué l'histoire politique récente de la Côte d'Ivoire. Il évoque les tensions entre les principales figures qui ont dominé la scène politique depuis les années 1990. « Qui a tiré le premier ? Un jour, l'Histoire nous le dira », écrit-il, avant de rappeler les griefs entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara remontant à la succession d'Houphouët-Boigny.

Il poursuit en évoquant les relations entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo : « Alassane Ouattara en a voulu à Laurent Gbagbo, qui cautionna son exclusion de l'élection présidentielle de 2000, puis manœuvra pour l'écarter définitivement, avant d'être contraint de le réintégrer dans le jeu politique. » Cette chronologie des ressentiments illustre, selon l'auteur, un cycle de rivalités qui continue d'influencer le climat politique actuel.

Le poids du passé sur les nouvelles générations

Serge Bilé s'inquiète particulièrement des conséquences de ces divisions historiques sur la jeunesse ivoirienne. Il souligne que ces tensions menacent « d'hypothéquer l'avenir de tous ces jeunes Ivoiriens dont la grande majorité n'était pas née, lorsqu'a débuté cette guerre des trois ».

Son texte se termine par un appel à la réconciliation véritable : « Dans un pays, où personne n'est politiquement irréprochable et où tout le monde a le mot 'pardon' facilement à la bouche, il faudra bien pourtant qu'un jour on remette les compteurs à zéro, pour prendre enfin un nouveau départ. Les uns avec les autres… »

La critique de Serge Bile envers ce qu'il nomme un « étonnant peuple sans mémoire, peuple de revanchards, qui se ment perpétuellement à lui-même » sonne comme un avertissement à l'approche de l'échéance électorale de 2025. Il questionne la capacité collective à tirer les leçons du passé et à dépasser les clivages pour construire un avenir commun.

Cette réflexion s'inscrit dans un contexte où les questions d'identité nationale et d'appartenance demeurent au cœur des débats politiques en Côte d'Ivoire, influençant les alliances et positionnements des différents acteurs politiques à l'approche de la présidentielle.

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