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Présidentielle 2025 : la CAP s'oppose à quatrième mandat de Ouattara

Jeudi 3 Avril 2025

La Coalition pour l'Alternance Pacifique a qualifié d'anti-institutionnelle toute candidature pour un quatrième mandat présidentiel dans sa déclaration du 3 avril 2025.


Présidentielle 2025 : la CAP s'oppose à quatrième mandat de Ouattara © Crédit photo DR
Présidentielle 2025 : la CAP s'oppose à quatrième mandat de Ouattara © Crédit photo DR
Le quatrième mandat présidentiel constitue une ligne rouge pour la Coalition pour l'Alternance Pacifique en Côte d'Ivoire (CAP-CI). Dans sa déclaration publiée le 3 avril 2025, l'alliance de l'opposition a pris position clairement sur cette question politique, à sept mois de l'élection présidentielle prévue en octobre.

La CAP-CI « s'oppose fermement à toute candidature pour un quatrième mandat du Président de la République, ce qui serait anti-institutionnel, tout comme le troisième mandat l'a été », précise le document. Cette position s'inscrit dans un ensemble de revendications liées au processus électoral et à la préparation du scrutin présidentiel.

Position constitutionnelle

La qualification d'« anti-institutionnel » utilisée par la CAP-CI pour décrire un éventuel quatrième mandat renvoie à un débat constitutionnel qui anime la vie politique ivoirienne depuis plusieurs années. L'alliance établit un parallèle direct avec le troisième mandat, qu'elle considère également comme non conforme à l'esprit des institutions.

Cette position reflète l'interprétation de la Constitution adoptée en 2016 par une partie de l'opposition ivoirienne. Le débat porte notamment sur le compteur des mandats et la question de savoir si l'adoption de la nouvelle Constitution a remis les compteurs à zéro ou si les mandats antérieurs doivent être pris en compte.

La déclaration de la CAP-CI intervient alors que des rumeurs persistent sur une possible nouvelle candidature du président actuel lors du scrutin d'octobre 2025. Si cette candidature se concrétisait, elle constituerait un quatrième mandat consécutif, situation que l'opposition qualifie clairement d'anomalie institutionnelle.

Cette opposition à un quatrième mandat s'inscrit dans un ensemble plus large de préoccupations exprimées par la CAP-CI concernant le processus électoral. L'alliance a également formulé des critiques sur la liste électorale provisoire et le fonctionnement de la Commission Électorale Indépendante (CEI).

La coalition demande notamment « une réforme profonde de la CEI » et « la création d'un nouvel Organe en charge des élections » qui serait « constitutionnellement protégé ». Ces revendications institutionnelles, associées au rejet d'un quatrième mandat, dessinent une vision politique axée sur la réforme des institutions électorales.

La déclaration aborde également la question des personnalités politiques exclues du processus électoral. La CAP-CI « exige la réintégration du Président Laurent Gbagbo, de l'ex-Président de l'Assemblée nationale Soro Kigbafori Guillaume et du Ministre Charles Blé Goudé sur la liste électorale ».

Appel à un climat apaisé

Tout en exprimant son opposition ferme à un quatrième mandat, la CAP-CI appelle à préparer les conditions d'un scrutin pacifique. L'alliance « exhorte le pouvoir RHDP et ses démembrements à créer un climat politique apaisé, condition indispensable pour garantir un scrutin sans tensions en 2025 ».

Cette demande de pacification du climat politique intervient après que la coalition a dénoncé l'utilisation « disproportionnée de forces de l'ordre » lors de la remise de la liste électorale provisoire le 17 mars. Selon la CAP-CI, ce déploiement sécuritaire résultait « de la volonté de la CEI de créer un environnement et un climat de tension ».

La conclusion de la déclaration souligne l'objectif politique de la coalition : « assurer à terme, la victoire à la démocratie, à la justice, à la paix avec une majorité écrasante en vue de permettre la reconstruction d'un État de droit, un État démocratique, avec des populations réconciliées, un État où il fait à nouveau, bon vivre ».

Cette vision politique, associée au rejet d'un quatrième mandat présidentiel, place la CAP-CI dans une position d'opposition frontale à une éventuelle nouvelle candidature du président sortant lors du scrutin d'octobre 2025.

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