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En Guinée, Mamadi Doumbouya gracie l'ex-président Dadis Camara

Samedi 29 Mars 2025

Le général Mamadi Doumbouya a accordé une grâce présidentielle à l'ex-président Dadis Camara, condamné à 20 ans de prison pour le massacre du 28 septembre 2009. Le décret a été signé le 28 mars 2025.


En Guinée, Mamadi Doumbouya gracie l'ex-président Dadis Camara © Crédit photo DR
En Guinée, Mamadi Doumbouya gracie l'ex-président Dadis Camara © Crédit photo DR
La grâce présidentielle accordée à Moussa Dadis Camara marque un tournant dans l'histoire judiciaire récente de la Guinée. Le général Mamadi Doumbouya, actuel président de la transition, a signé ce vendredi 28 mars 2025 un décret libérant l'ancien chef d'État de sa peine de prison. Cette décision intervient moins de neuf mois après la condamnation de Dadis Camara pour son implication dans le massacre du 28 septembre 2009.

Cette mesure s'inscrit dans un contexte politique particulier en Guinée, où le pays traverse une période de transition après le coup d'État de septembre 2021. Le décret a été lu à la télévision nationale guinéenne et entre en vigueur immédiatement, selon les termes du document officiel.

Une condamnation historique effacée

Le 31 juillet 2024, le tribunal criminel de Dixinn avait prononcé une peine de 20 ans de réclusion contre Moussa Dadis Camara. Cette condamnation pour crimes contre l'humanité constituait une première judiciaire dans l'histoire de la Guinée. Elle sanctionnait la responsabilité de l'ex-président dans les exactions commises lors de la manifestation du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.

La répression de ce rassemblement pacifique avait fait au moins 156 morts et des centaines de blessés selon les organisations de défense des droits humains. De nombreuses femmes avaient également été victimes de violences sexuelles lors de cette journée. Le procès, ouvert en septembre 2022, avait duré près de deux ans et représentait un pas important dans la lutte contre l'impunité.

Dans le décret présidentiel, le général Mamadi Doumbouya justifie sa décision par l'état de santé de l'ancien président. « Pour des raisons de santé, une grâce présidentielle est accordée à Moussa Dadis Camara », indique le texte officiel lu à la télévision nationale.

Le décret précise également que « le ministre de la Justice est chargé de l'application de ce décret qui abroge toutes dispositions antérieures contraires ». Cette formulation laisse entendre que l'ensemble de la peine est annulée, permettant ainsi à l'ancien président de retrouver sa liberté sans conditions particulières.

Réactions contrastées au sein de la société guinéenne

Cette décision suscite des réactions diverses parmi les acteurs politiques et la société civile guinéenne. Pour les victimes du massacre du 28 septembre et leurs familles, qui attendaient justice depuis plus de quinze ans, cette grâce représente un recul dans le processus judiciaire qui avait finalement abouti.

Les associations de défense des droits humains s'inquiètent des conséquences de cette décision sur la perception de l'impunité en Guinée. À l'inverse, les partisans de l'ancien président saluent une mesure qu'ils considèrent comme un geste d'apaisement dans le cadre de la réconciliation nationale.

Le gouvernement de transition place cette décision dans le cadre plus large d'un processus de réconciliation nationale après des années de tensions politiques. Cependant, les observateurs internationaux suivent avec attention l'évolution de la situation politique en Guinée, alors que le pays avance sur le chemin d'un retour à l'ordre constitutionnel.

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