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Cybercriminalité à Abidjan : il menace de publier les photos intimes de son amie et finit en prison avec ses complicités

Vendredi 28 Mars 2025

Une étudiante abidjanaise victime de chantage après la diffusion de ses photos intimes illustre les risques du partage d'images à caractère sexuel en Côte d'Ivoire.


Cybercriminalité à Abidjan © Crédit photo DR
Cybercriminalité à Abidjan © Crédit photo DR
La cybercriminalité liée aux images à caractère sexuel persiste en Côte d'Ivoire malgré un cadre légal strict. Selon l'article 450-4 de la loi n° 2021-893, "publier des images à caractère sexuel (ou la tentative de le faire), est puni de 2 à 5 ans d'emprisonnement et de 3 à 6 millions de FCFA d'amende". Une récente affaire impliquant une étudiante d'Abidjan, identifiée par les initiales BOM, montre les mécanismes du chantage numérique et le travail des organismes comme la PLCC et l'ANSSI.

Cette affaire soulève des questions sur la vulnérabilité des jeunes face aux risques liés au partage d'images intimes dans le cadre de relations amoureuses virtuelles. Elle permet également de comprendre comment une simple dispute peut évoluer vers une situation d'extorsion impliquant plusieurs personnes, avec des conséquences judiciaires significatives pour les auteurs.

Une relation virtuelle qui tourne au cauchemar

L'affaire débute par une rencontre en ligne entre BOM et un homme identifié comme ML sur WhatsApp. Une relation amoureuse virtuelle s'établit entre eux, avant qu'une dispute ne vienne perturber cette idylle. La situation dégénère lorsque ML partage une photo intime de BOM dans un groupe WhatsApp intitulé "Ta go, c'est forcément ma go", présenté comme un espace où l'on "testait la fidélité des petites amies".

Cette publication initiale, déjà problématique sur le plan légal, entraîne la rupture entre les deux personnes. Mais l'affaire prend une tournure plus grave lorsqu'un inconnu contacte BOM. Ce dernier lui envoie des images intimes d'elle et la menace de les publier plus largement si elle ne paie pas 80 000 FCFA ou ne consent pas à des rapports sexuels avec lui.

Face à cette situation de chantage caractérisé, BOM décide de porter plainte auprès de la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité. Cette démarche déclenche une enquête menée par l'ANSSI, qui aboutit à l'identification et à l'arrestation de trois individus : SMM, DAS et DAG, tous impliqués dans cette tentative de cyberextorsion.

L'enquête révèle un réseau de complicités

Les auditions des suspects permettent de reconstituer l'enchaînement des faits. SMM, principal instigateur de l'extorsion, avoue avoir agi par vengeance pour son ami ML. Après avoir entendu le récit de la relation entre ML et BOM, il décide de récupérer les images intimes et de les utiliser comme moyen de pression contre la jeune femme.

L'enquête révèle également que SMM n'a pas agi seul. Il a partagé les images avec ses amis DAS et DAG, qui se sont associés au projet de chantage. Cette collaboration démontre comment un simple partage initial peut rapidement se transformer en une action collective aux conséquences pénales graves.

Les trois individus se retrouvent ainsi impliqués dans plusieurs infractions sérieuses : menace de publication d'images à caractère sexuel et tentative d'escroquerie en ligne. Malgré des excuses présentées lors des auditions, ces actes constituent des délits passibles des peines prévues par la loi n° 2021-893, soit jusqu'à 5 ans d'emprisonnement et 6 millions de FCFA d'amende.

Cette affaire rappelle l'existence du cadre juridique ivoirien en matière de cybercriminalité. La loi n° 2021-893 constitue un outil pour lutter contre la diffusion non consentie d'images intimes et protéger les victimes. Elle souligne également le rôle des organismes spécialisés comme la PLCC et l'ANSSI dans l'identification et la poursuite des auteurs de ces infractions.

Au-delà des aspects légaux, ce cas présente les risques liés au partage d'images intimes dans le cadre de relations en ligne. Il rappelle la nécessité d'une vigilance concernant la protection de sa vie privée numérique et les dangers potentiels des groupes en ligne où des images peuvent être partagées sans consentement.

Le chantage numérique, ou "sextorsion", représente une forme de cybercriminalité qui combine violation de l'intimité et extorsion. Les victimes se retrouvent souvent dans des situations de grande vulnérabilité psychologique, confrontées à des choix entre cession à des demandes illégitimes et risque d'exposition publique.

Les conséquences de tels actes dépassent le cadre judiciaire et peuvent avoir des répercussions sur la santé mentale, la réputation et la vie sociale des victimes. C'est pourquoi la réponse des autorités et l'application des sanctions prévues par la loi sont nécessaires pour dissuader les potentiels auteurs.

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