
Vincent Toh Bi Irié, l'ancien Préfet d'Abidjan, analyse le taux de 25,11% d'électeurs en Côte d'Ivoire © Crédit photo DR
"La Côte d'Ivoire a l'une des plus faibles populations électorales d'Afrique", affirme Vincent Toh Bi Irié dans son analyse basée sur les données d'International IDEA. L'ancien Préfet d'Abidjan s'appuie sur les chiffres du RGPH 2021 et des législatives de mars 2021.
Les statistiques révèlent un taux de 25,11% d'inscrits sur les listes électorales en Côte d'Ivoire. Ce chiffre représente presque la moitié du taux le plus bas observé parmi les autres pays étudiés, le Niger avec 42,26%.
Les statistiques révèlent un taux de 25,11% d'inscrits sur les listes électorales en Côte d'Ivoire. Ce chiffre représente presque la moitié du taux le plus bas observé parmi les autres pays étudiés, le Niger avec 42,26%.
Un écart préoccupant
La comparaison avec d'autres nations africaines accentue ce constat. L'Afrique du Sud atteint 68% de population électorale, le Liberia 53,79%. "Ce débat est essentiel et devrait être pris avec beaucoup de sérieux, en dehors des passions des chapelles politiques", précise Vincent Toh Bi Irié.
L'ancien Préfet identifie plusieurs facteurs explicatifs : structure démographique, système d'enregistrement, migrations, participation politique, niveau d'éducation et confiance dans les institutions électorales.
L'ancien Préfet identifie plusieurs facteurs explicatifs : structure démographique, système d'enregistrement, migrations, participation politique, niveau d'éducation et confiance dans les institutions électorales.
Les risques pour la démocratie
"Si une bonne partie de la population n'a pas participé au processus électoral, il peut se poser un problème de légitimité des institutions et des personnes sorties des urnes, malgré leur légalité", avertit Vincent Toh Bi Irié.
L'analyse cite le cas du Mali comme exemple des risques potentiels. Cette démocratie a connu une chute de participation électorale à 24% entre 1990 et 2012, avant de connaître une crise politique. "Les populations pourraient ne pas se reconnaître dans les orientations, les décisions et les politiques publiques prises par les autorités élues", conclut l'ancien Préfet.
L'analyse cite le cas du Mali comme exemple des risques potentiels. Cette démocratie a connu une chute de participation électorale à 24% entre 1990 et 2012, avant de connaître une crise politique. "Les populations pourraient ne pas se reconnaître dans les orientations, les décisions et les politiques publiques prises par les autorités élues", conclut l'ancien Préfet.