
Le Père Marius Hervé Djadji interpelle la classe politique ivoirienne sur les violences électorales © Crédit photo DR
"Les esprits de ces morts vous parlent et vous regardent". Cette phrase forte du Père Marius Hervé Djadji conclut un extrait poignant de son prochain livre consacré aux violences électorales en Côte d'Ivoire. Le religieux catholique y aborde frontalement la question des nombreuses victimes des scrutins présidentiels organisés depuis le retour du multipartisme en 1990.
Cet ouvrage intitulé "Œcuménisme et Politique - Réflexion et contribution pour des élections sans morts en Afrique : Cas de la Côte d'Ivoire" paraîtra en juillet 2025, à quelques mois de la prochaine élection présidentielle ivoirienne. Le texte se présente comme une méditation adressée à l'ensemble des acteurs de la vie publique du pays.
Cet ouvrage intitulé "Œcuménisme et Politique - Réflexion et contribution pour des élections sans morts en Afrique : Cas de la Côte d'Ivoire" paraîtra en juillet 2025, à quelques mois de la prochaine élection présidentielle ivoirienne. Le texte se présente comme une méditation adressée à l'ensemble des acteurs de la vie publique du pays.
Un bilan impossible des violences électorales
Le Père Djadji dresse un constat sans concession sur l'impossibilité de quantifier les victimes des violences politiques. "Depuis le retour du multipartisme, de 1990 à 2020, la Côte d'Ivoire a connu six élections présidentielles. Mais personne, aucune institution ne saura jamais combien de morts il y a eu lors de ces élections présidentielles", écrit-il dans cet extrait.
Le religieux détaille ensuite les différentes formes de dissimulation des corps, mentionnant ceux qui ont été "enterrés sans funérailles", "incinérés, calcinés, jetés dans les rivières, fleuves, puits", ou encore "enterrés dans les forêts, savanes, montagnes, dans les prisons ou maisons privées".
Cette énumération méthodique souligne l'ampleur d'un phénomène systématiquement occulté. L'auteur évoque également "combien d'anonymes, combien d'inconnus ont disparu", mettant en lumière la dimension invisible de ces violences qui n'ont jamais fait l'objet d'un recensement officiel et exhaustif.
Le religieux détaille ensuite les différentes formes de dissimulation des corps, mentionnant ceux qui ont été "enterrés sans funérailles", "incinérés, calcinés, jetés dans les rivières, fleuves, puits", ou encore "enterrés dans les forêts, savanes, montagnes, dans les prisons ou maisons privées".
Cette énumération méthodique souligne l'ampleur d'un phénomène systématiquement occulté. L'auteur évoque également "combien d'anonymes, combien d'inconnus ont disparu", mettant en lumière la dimension invisible de ces violences qui n'ont jamais fait l'objet d'un recensement officiel et exhaustif.
Une invocation à la responsabilité politique
Face à ce constat, le Père Djadji adopte une approche pragmatique et tournée vers l'avenir. "Si nous ne pouvons pas dénombrer, compter le nombre de tués depuis 1990, nous pouvons au moins prendre conscience et prendre des dispositions pour arrêter l'hémorragie et les tueries pendant les élections", affirme-t-il.
Cette exhortation s'adresse explicitement aux "politiciens ivoiriens, religieux, journalistes, intellectuels, jeunes, militaires, militants et militantes des partis". L'appel à la conscience collective traverse l'ensemble du texte, rappelant la responsabilité partagée de tous ces acteurs dans la construction d'un processus électoral pacifique.
Le religieux introduit également une dimension théologique en évoquant "la parousie" et "l'eschaton", suggérant que la vérité complète sur ces drames ne sera peut-être jamais connue dans ce monde. "À la parousie, nous le saurons peut-être si Dieu le veut bien mais malheureusement à l'eschaton nous serons comme des anges", écrit-il.
Cette publication du Père Marius Hervé Djadji arrive à un moment stratégique du calendrier politique ivoirien. Elle s'inscrit dans les réflexions préparatoires à l'élection présidentielle de 2025, alors que le pays cherche à consolider sa stabilité après plusieurs décennies marquées par des cycles de violence électorale.
Cette exhortation s'adresse explicitement aux "politiciens ivoiriens, religieux, journalistes, intellectuels, jeunes, militaires, militants et militantes des partis". L'appel à la conscience collective traverse l'ensemble du texte, rappelant la responsabilité partagée de tous ces acteurs dans la construction d'un processus électoral pacifique.
Le religieux introduit également une dimension théologique en évoquant "la parousie" et "l'eschaton", suggérant que la vérité complète sur ces drames ne sera peut-être jamais connue dans ce monde. "À la parousie, nous le saurons peut-être si Dieu le veut bien mais malheureusement à l'eschaton nous serons comme des anges", écrit-il.
Cette publication du Père Marius Hervé Djadji arrive à un moment stratégique du calendrier politique ivoirien. Elle s'inscrit dans les réflexions préparatoires à l'élection présidentielle de 2025, alors que le pays cherche à consolider sa stabilité après plusieurs décennies marquées par des cycles de violence électorale.