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Vincent Toh Bi sur les élections en Côte d'Ivoire : "ne me dites pas que ce pays est maudit"

Jeudi 3 Avril 2025

Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux ce 3 avril 2025, Vincent Toh Bi Irié questionne les raisons pour lesquelles les élections présidentielles ivoiriennes riment systématiquement avec tensions et violences.


Vincent Toh Bi Irié interpelle la classe politique ivoirienne sur la récurrence des violences électorales © Crédit photo DR
Vincent Toh Bi Irié interpelle la classe politique ivoirienne sur la récurrence des violences électorales © Crédit photo DR
Les élections présidentielles en Côte d'Ivoire s'accompagnent régulièrement de violences selon l'analyse de Vincent Toh Bi Irié. L'ancien préfet d'Abidjan a publié une tribune dans laquelle il interroge la récurrence des crises électorales dans le pays depuis son indépendance, tout en établissant un parallèle avec les démocraties voisines.

Cette intervention survient dans un contexte préélectoral où les tensions politiques commencent à se manifester. Vincent Toh Bi s'adresse à la fois à la classe politique et au Président de la République, en soulignant les risques de voir se reproduire les schémas du passé.

Le contraste avec les pays voisins

L'ancien haut fonctionnaire compare la situation ivoirienne avec celle de pays voisins qui ont pourtant connu des crises profondes. « Aidez-moi à comprendre comment le Liberia voisin, qui a connu l'une des guerres les plus atroces [...] est capable d'organiser des élections presque propres, transparentes et sans violence », s'interroge-t-il.

Il évoque également le cas du Ghana, dont les pratiques démocratiques contrastent avec celles de la Côte d'Ivoire : « Expliquez-moi comment le Ghana [...] soit devenu un modèle de démocratie et une fierté pour l'Afrique, au point qu'un Parti au pouvoir reconnaisse sa défaite seulement 14 heures après la clôture des bureaux de vote ? »

Un bilan historique préoccupant

Vincent Toh Bi dresse un tableau chronologique des transitions politiques en Côte d'Ivoire, marquées par les crises. « Tous les 4, 5, 6, 7 ans [...] quand arrive notre tour en Côte d'Ivoire, ce sont 147 morts, 3.000 morts, 87 morts, que nous avons à fournir comme bilan au monde », rappelle-t-il.

L'ancien préfet impute cette situation à l'attitude de la classe politique : « Il s'agit juste d'une incompréhensible attitude de la classe politique ivoirienne, qui n'est mue que par la volonté d'une totale possession du pouvoir ». Il évoque également le parcours tumultueux des présidents successifs, du premier « décédé au pouvoir » jusqu'au cinquième qui a « fait face à trois élections compliquées ».

La tribune se termine par un appel à l'actuel Chef de l'État. « Excellence Monsieur le Président de la République, il y a des grincements de dents dans l'arène politique, à l'approche des élections. Le peuple commence à prendre peur », alerte Vincent Toh Bi.

Il invite le Président à ignorer les conseils belliqueux : « N'écoutez pas les faucons, ils perdront le pays. Ils ne veulent ni votre bien ni le bien de la Côte d'Ivoire. » Son message se conclut par une vision de ce qui manque encore au pays : « Donnons-lui ce qu'elle n'a jamais vraiment connu : la paix et des élections pacifiques ».

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