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Valérie Yapo exige la suspension de Thiam à la tête du PDCI

Samedi 29 Mars 2025

Valérie Yapo a déposé une requête au tribunal pour suspendre Tidjane Thiam de la présidence du PDCI. Elle conteste la régularité de son élection à la tête du parti d'opposition.


Valérie Yapo exige la suspension de Thiam à la tête du PDCI © Crédit photo DR
Valérie Yapo exige la suspension de Thiam à la tête du PDCI © Crédit photo DR
Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) fait face à une nouvelle crise interne. Valérie Yapo, cadre du parti d'opposition, a déposé ce vendredi 28 mars 2025 une requête auprès du tribunal demandant la suspension de Tidjane Thiam de la présidence du PDCI. La plaignante conteste formellement la légalité de l'élection de l'ancien patron du Crédit Suisse à la tête de la formation politique en décembre 2023.

Cette action judiciaire intervient dans un contexte politique tendu, à sept mois de l'élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025. Le PDCI, l'un des principaux partis d'opposition en Côte d'Ivoire, traverse une période de turbulences internes depuis l'arrivée de Tidjane Thiam à sa direction.

La contestation de la légitimité du président

Dans sa requête, Mme Yapo affirme que Tidjane Thiam a été « irrégulièrement élu à la tête du PDCI » en décembre 2023. Elle en déduit que « toutes les décisions qu'il prend sont des décisions irrégulières » et que tous les organes mis en place sont également « irréguliers ». La plaignante pousse sa démarche jusqu'à proposer la nomination d'un « administrateur provisoire en la personne de M. Ahouzi Jules pour gérer le PDCI ».

Cette nouvelle procédure s'ajoute à une précédente action intentée par la même cadre du parti, qui contestait son exclusion des instances du PDCI. Me Suy Bi, avocat du parti, a précisé que cette première requête est désormais « sans objet » suite à la décision de Tidjane Thiam du 26 mars 2025 d'annuler toutes les sanctions disciplinaires contre les militants.

Le tribunal a programmé une audience concernant cette nouvelle requête pour le 2 avril 2025. Me Suy Bi a confirmé que « le Conseil du PDCI défendra le président du parti face à cette demande de suspension de sa qualité de président ». Pour l'affaire initiale concernant l'exclusion de Mme Yapo, le tribunal a renvoyé l'affaire en délibéré au 24 avril 2025.

Ces démarches judiciaires révèlent les tensions persistantes au sein du parti historique ivoirien. Elles interviennent malgré le geste d'apaisement de Tidjane Thiam, qui a récemment levé toutes les sanctions disciplinaires. Sa décision concernait « l'annulation de toutes les sanctions ou de la procédure en cours, à l'encontre des militants », incluant « toutes les saisines en cours au niveau du Conseil de discipline et de l'Ordre du Bélier ».

Un parti divisé à l'approche de la présidentielle

Cette situation juridique complexe s'inscrit dans un contexte électoral. À sept mois de la présidentielle, le PDCI fait face à des divisions internes qui pourraient affaiblir sa position. Plusieurs membres du parti expriment leur réticence envers Tidjane Thiam, revenu en Côte d'Ivoire après des décennies passées à l'étranger, notamment en France et en Suisse.

Il faut noter que la tension s'était pourtant apparemment atténuée le 21 février 2025, lorsque quatre auteurs d'une précédente plainte visant la destitution de Tidjane Thiam avaient retiré leur requête. Dans une vidéo diffusée sur la page Facebook du PDCI, « les auteurs de cette plainte ont exprimé leur désarroi de voir leur nom associé à cette initiative ».

Cette nouvelle action judiciaire de Valérie Yapo relance la crise au sein du parti d'opposition à un moment stratégique du calendrier politique ivoirien. L'issue de cette procédure pourrait influencer significativement l'organisation du PDCI pour la prochaine élection présidentielle du 25 octobre 2025.

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