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Le fichier électoral ivoirien contiendrait entre 2 et 6 millions d'électeurs aux identités incomplètes selon le FPI

Samedi 29 Mars 2025

Le Front populaire ivoirien a présenté une analyse du fichier électoral révélant entre 2 et 6 millions d'électeurs ne remplissant pas les critères d'identification requis par la loi.


Le fichier électoral ivoirien contiendrait entre 2 et 6 millions d'électeurs aux identités incomplètes selon le FPI © Crédit photo DR
Le fichier électoral ivoirien contiendrait entre 2 et 6 millions d'électeurs aux identités incomplètes selon le FPI © Crédit photo DR
Le fichier électoral ivoirien contiendrait entre 2 et 6 millions d'électeurs aux identités incomplètes selon le Front populaire ivoirien (FPI). Ces chiffres proviennent d'une analyse présentée le 29 mars 2025 par Apollos Dan Thé, vice-président du parti chargé de l'économie internationale. L'étude, réalisée au siège du parti à Abidjan, pointe des irrégularités dans les listes électorales établies entre 2015 et 2024.

Le responsable du FPI s'appuie sur l'article 7 du Code électoral qui définit les informations nécessaires pour l'inscription sur les listes. Selon ce texte, chaque électeur doit fournir « le nom et prénoms du requérant, la date et lieu de naissance, le sexe, la profession, le domicile, le nom et prénoms du père et de la mère, la date et lieu de naissance du père et de la mère, la photo d'identité et les empreintes digitales ».

Des anomalies croissantes depuis 2015

L'analyse du FPI révèle une augmentation progressive des irrégularités dans le fichier électoral. « Sur la violation de l'article 7 du Code électoral, nous disons qu'il y a eu des inscriptions massives sur la liste électorale en 2020, 2023 et 2024 de personnes qui ne remplissaient pas les critères de l'article 7 du Code électoral », a déclaré Apollos Dan Thé face à la presse.

Les chiffres présentés montrent une évolution inquiétante : en 2015, sur 6,3 millions d'électeurs, 1,1 million présentaient des identités incomplètes (18%). En 2016, lors du référendum constitutionnel, ce taux est passé à 21% avec 1,3 million d'électeurs concernés sur 6,3 millions. Pour l'élection présidentielle de 2020, 2,2 millions d'électeurs sur 7,5 millions (30%) étaient en infraction avec l'article 7.
 
La situation se serait détériorée davantage selon l'analyse du parti d'opposition. Pour les élections municipales et régionales de 2023, 2,7 millions d'électeurs sur 8 millions (34%) présentaient des identités incomplètes. Le constat le plus alarmant concerne la liste électorale provisoire dévoilée le 17 mars 2025 par la Commission électorale indépendante (CEI) en vue de la présidentielle d'octobre 2025.

« Sur la liste provisoire de 2024, 6 millions 272 013 électeurs sont en violation de l'article 7 du Code électoral, soit 70% d'identités incomplètes », a souligné le vice-président du FPI. Il précise également que « sur la liste électorale, il y a 470 877 électeurs, dont l'identité n'est pas suffisamment établie ».

Des lacunes d'identification préoccupantes

L'analyse du FPI détaille la nature des anomalies constatées. Sur le fichier électoral, « ces électeurs ont généralement pour nom ou prénom, nom et prénoms de leurs parents le vide (rien n'est écrit) ou bien les mentions suivantes : Inconnu, N, Pnd, Non déclaré, Inconnue, Non déclarée, Indéterminé, Indéterminée, ND, PND », a relevé M. Dan Thé.

Cette situation contraste avec les périodes antérieures selon le parti. L'analyse note qu'en 2010, seulement 2% des électeurs présentaient des informations incomplètes, contre 4% en 2015 et 6% en 2016. Le taux a ensuite augmenté à 13% en 2020 et 26% en 2023, avant de redescendre à 8% pour les nouveaux inscrits de 2024.
 
Face à ces constats, le FPI estime « nécessaire de faire une enquête approfondie pour comprendre comment la CEI a pu laisser passer de telles inscriptions sur la liste électorale ». Apollos Dan Thé conclut que « les violations de l'article 7 du code électoral mettent en cause la qualité, la transparence et la fiabilité de la liste électorale ».

Le parti d'opposition affirme qu'« une liste électorale opaque ne peut aboutir à des élections transparentes » et réclame par conséquent « un audit indépendant » du fichier électoral. Cette demande intervient à quelques mois de l'élection présidentielle prévue en octobre 2025, scrutin considéré comme déterminant pour l'avenir politique de la Côte d'Ivoire.

La Commission électorale indépendante n'a pas encore réagi officiellement à ces accusations au moment de la publication de cette analyse par le FPI.

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