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Burkina : 21 militaires du putsch de 2015 bénéficient d'une grâce

Lundi 31 Mars 2025

Le capitaine Ibrahim Traoré a signé un décret accordant une grâce amnistiante à 21 militaires impliqués dans la tentative de coup d'État des 15 et 16 septembre 2015 au Burkina Faso.


Burkina : 21 militaires du putsch de 2015 bénéficient d'une grâce © Crédit photo DR
Burkina : 21 militaires du putsch de 2015 bénéficient d'une grâce © Crédit photo DR
La grâce amnistiante décidée par les autorités burkinabè concerne 21 personnels des Forces armées nationales impliqués dans la tentative de putsch des 15 et 16 septembre 2015. Cette décision fait suite à l'adoption d'un projet de loi en décembre 2024 par le gouvernement de transition.

Le décret signé le 24 mars 2025 par le chef de l'État, le capitaine Ibrahim Traoré, précise que cette mesure s'applique aux "personnes ayant fait l'objet d'une condamnation ou d'une poursuite judiciaire devant les juridictions pour des faits commis les 15 et 16 septembre 2015".

Une grâce encadrée par des conditions strictes

Le texte officiel indique que "la grâce amnistiante s'étend également aux sanctions disciplinaires infligées ou encourues pour les faits visés". Toutefois, le décret fixe des limites claires à cette mesure : la réintégration des militaires concernés dans l'armée "ne peut jamais donner lieu à reconstitution de carrière ni à indemnité".

Cette décision s'inscrit dans un processus législatif entamé fin 2024. Le 30 décembre, l'Assemblée législative de transition (ALT) avait approuvé à une large majorité - 67 votes favorables sur 70 - le projet de loi portant amnistie et conditions d'octroi de cette grâce amnistiante.

Retour sur le putsch manqué de septembre 2015

La tentative de coup d'État de septembre 2015 avait plongé le Burkina Faso dans une crise politique majeure. Le 15 septembre, des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), unité d'élite fidèle à l'ex-président Blaise Compaoré, avaient pris en otage le président de la transition Michel Kafando et son Premier ministre Isaac Zida.

Le général Gilbert Diendéré, alors chef du RSP, avait annoncé la dissolution des institutions de transition et la mise en place d'un "Conseil national pour la démocratie". Face à la mobilisation populaire et à la pression des forces loyalistes, cette tentative de putsch avait échoué en moins d'une semaine.

Le procès de ce coup d'État manqué s'était ouvert en février 2018 devant le tribunal militaire de Ouagadougou. En septembre 2019, le général Diendéré avait été condamné à 20 ans de prison pour "attentat à la sûreté de l'État", "meurtres" et "coups et blessures".

D'autres accusés avaient reçu des peines allant de quelques années de prison à la perpétuité, dont le général Djibrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères, condamné à 10 ans de prison pour complicité. La décision du capitaine Traoré soulève désormais des questions sur l'avenir judiciaire de ces condamnés, notamment des figures centrales du putsch comme le général Diendéré.

Tags : Burkina Faso

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