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Simone Gbagbo à propos de la relation Paris-Abidjan :"Même l'ordre du jour du conseil des ministres était soumis à la France"

Jeudi 27 Février 2025

Dans une interview à VoxAfrica, l'ex-Première dame de Côte d'Ivoire dévoile l'étendue du contrôle français sur les gouvernements africains francophones.


Simone Gbagbo à propos de la relation Paris-Abidjan © Crédit photo DR
Simone Gbagbo à propos de la relation Paris-Abidjan © Crédit photo DR
Le contrôle exercé par la France sur les États africains francophones atteint des niveaux insoupçonnés selon Simone Gbagbo. Dans son intervention sur VoxAfrica le 23 février 2025, l'ex-Première dame ivoirienne décrit un système où les décisions gouvernementales passaient par le filtre de Paris.

Ces révélations s'inscrivent dans un contexte plus large de questionnements sur les relations franco-africaines. L'interview aborde notamment le versement de 2 milliards FCFA à Jacques Chirac, confirmé précédemment par Laurent Gbagbo.

L'emprise française

L'anecdote partagée par Simone Gbagbo illustre l'ampleur du contrôle français : "Un président africain dit que dans nos pays de l'Afrique francophone, même l'ordre du jour du conseil des ministres, il fallait le soumettre à la France." Elle précise que le gouvernement français dictait les sujets à traiter et leur orientation.

Les conséquences pour les dirigeants réfractaires étaient sévères. "Ceux qui ont refusé d'exécuter ça, soit ils ont été tués rapidement, soit ils ont été l'objet de coup d'État", révèle l'ex-Première dame, soulignant les risques encourus par ceux qui s'opposaient à ce système.

Les contradictions assumées

L'interview aborde également le paradoxe entre le discours anti-Françafrique de Laurent Gbagbo et le versement des fonds à Jacques Chirac. "On a accédé au pouvoir et on a constaté un certain nombre de faits : les dirigeants africains sont soumis à cette pression que nous ignorions", explique Simone Gbagbo.

Face aux questions sur cette apparente contradiction, elle reconnaît : "Il y a des décisions qui n'auraient pas dû être prises." Elle justifie ces compromis en évoquant la nécessité de "lâcher du lest pour avoir quelque chose que vous considérez comme plus essentiel."

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