GPS : Soro pointe les failles de la liste électorale provisoire 2025 en Côte d'Ivoire

Mardi 25 Mars 2025

Le mouvement politique de Guillaume Soro relève plusieurs anomalies dans la liste électorale publiée par la CEI et met en garde contre les risques pour la stabilité du pays à l'approche de la présidentielle.


Le mouvement politique de Guillaume Soro relève plusieurs anomalies dans la liste électorale publiée par la CEI © Crédit photo DR
La liste électorale provisoire publiée le 17 mars par la Commission Électorale Indépendante (CEI) fait l'objet de vives critiques en Côte d'Ivoire. Dans sa déclaration n°003-2025 datée du 25 mars, le mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro dénonce plusieurs irrégularités et alerte sur les conséquences potentielles de ces dysfonctionnements.

Cette liste provisoire, qui compte 8 761 348 électeurs dont 4 528 554 hommes et 4 232 794 femmes, exclut notamment trois figures politiques majeures : Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Charles Blé Goudé. GPS voit dans ces radiations une stratégie délibérée d'exclusion politique.

Des anomalies techniques nombreuses

Selon GPS, cette liste électorale présente plusieurs défaillances techniques. Le mouvement évoque des électeurs centenaires improbables, des mineurs enregistrés à tort, des anomalies dans le nombre d'enfants déclarés par certains électeurs, et la présence de doublons. "Le PPA-CI affirme détenir une liste nominative de 42 électeurs âgés de plus de 120 ans et toujours inscrits sur le fichier, ce qui leur paraît biologiquement peu probable", indique la déclaration.

GPS signale également que dans certaines régions comme San Pedro, "94 cas ont été documentés où des électeurs affirment ne jamais s'être présentés dans un centre d'enrôlement, tout en constatant la présence de leur nom sur la liste provisoire". D'autres anomalies concernent des personnes décédées toujours inscrites et des radiations non justifiées.

Un rappel des crises électorales passées

Le mouvement de Guillaume Soro établit un parallèle avec les crises politiques précédentes qu'a connues la Côte d'Ivoire. "Depuis le décès du président Félix Houphouët-Boigny en 1993, le pays a connu plusieurs crises politiques majeures et des déstabilisations, liées justement à la manipulation de la liste électorale et à l'exclusion de candidats", rappelle GPS dans sa déclaration.

Le document cite les crises électorales de 1995, le coup d'État de 1999, les événements de 2000-2002, la crise post-électorale de 2010-2011 et ce qu'il qualifie de "coup d'État constitutionnel de 2020". GPS affirme que "celui qui se présentait jadis comme la victime de l'exclusion règne et procède aujourd'hui par la même détestable politique d'exclusion de ses adversaires politiques."

Demandes et interpellations des institutions

Face à cette situation, GPS formule plusieurs exigences. Le mouvement "condamne fermement cette politique d'exclusion" et "réclame un audit indépendant et exhaustif de la liste électorale, validé par des observateurs internationaux neutres". GPS demande également "l'annulation des exclusions injustifiées" et "la réintégration des personnalités illégalement radiées".

"GPS appelle tous les acteurs politiques et de la société civile à œuvrer à l'instauration d'un large front uni pour l'obtention d'un cadre démocratique", indique la déclaration qui interpelle aussi la communauté internationale. Le mouvement observe notamment "l'absence de réaction de l'Organisation régionale, la CEDEAO" qu'il accuse d'appliquer une politique de "double standard".

Le document conclut par une mise en garde sur les risques pour la stabilité nationale et régionale. "À moins de sept mois de la présidentielle prévue en octobre 2025, une crise majeure en Côte d'Ivoire, pilier économique de l'Afrique de l'Ouest, menacerait encore plus gravement la stabilité de toute la sous-région", souligne GPS.

"Ne laissons pas l'histoire se répéter : la Côte d'Ivoire ne peut plus se permettre de nouveaux conflits sanglants causés par l'exclusion et la fraude électorale", conclut la déclaration signée par le Cadre restreint de Générations et Peuples Solidaires le 25 mars 2025.
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